Comprendre et gérer le comportement de fuite chez Alzheimer

11 février 2026

Les chiffres sont là, bruts et sans appel : jusqu’à une personne sur cinq concernée par la maladie d’Alzheimer tente au moins une fois de quitter son domicile, parfois sans même en avoir conscience. Ce phénomène, appelé comportement de fuite ou errance, n’est pas un simple caprice ni une lubie passagère. Il traduit un désarroi profond, une faille dans la perception du réel, qui désoriente autant la personne malade que son entourage. Face à cette réalité, familles et aidants naviguent entre vigilance constante et recherche d’équilibre, pour préserver un semblant d’autonomie sans jamais sacrifier la sécurité.

Les facteurs déclencheurs de la fugue chez les personnes atteintes d’Alzheimer

Comprendre la raison qui pousse une personne atteinte d’Alzheimer à franchir la porte et s’aventurer dehors exige de se confronter à la nature même de la maladie. Les troubles du comportement, dont la fugue, surgissent souvent sans prévenir. La confusion s’installe, balayant peu à peu les repères familiers. Il arrive qu’une personne ne reconnaisse plus son propre salon, ou qu’elle oublie jusqu’à son adresse. Alors, elle part à la recherche d’un lieu connu, une maison d’enfance ou un endroit qui n’existe sans doute plus que dans sa mémoire.

Ce trouble s’accompagne fréquemment de perceptions erronées. Pour beaucoup, leur maison devient soudain étrangère, le couloir semble un dédale, la porte un obstacle à franchir. La déambulation s’enclenche, guidée par le désir de retrouver une figure du passé ou de fuir un inconfort difficile à cerner.

Le contexte quotidien ne fait qu’ajouter une couche supplémentaire : bruits trop forts, allées et venues d’inconnus, lumière agressive… Chaque détail peut, sans prévenir, créer un état d’alerte et déclencher l’envie irrépressible de sortir. Si l’activité physique fait défaut, l’agitation monte encore d’un cran et le mouvement devient presque vital. En réalité, c’est une accumulation de petites causes, insidieuses, qui rendent la fugue difficile à prévoir, et plus encore à éviter.

    Pour mieux cerner ces déclencheurs, voici ce qui revient le plus souvent :

  • La confusion mentale : perte de repères, oubli de l’endroit où l’on vit, ou des proches
  • Interprétations erronées du lieu de vie
  • Agitation nourrie par l’environnement, le bruit, ou un cadre peu rassurant
  • L’inactivité physique qui accentue l’anxiété et pousse à la marche

Prévoir un cadre apaisant, organisé, pensé pour la personne malade peut nettement réduire les risques. Observer ses réactions à chaque changement d’habitude aide à adapter son accompagnement de façon continue, toujours au plus près de ses besoins.

Stratégies de prévention et de gestion des comportements de fuite

Éviter la fugue, ce n’est pas simplement surveiller. Cela commence par instaurer une routine, pour que chaque moment du quotidien devienne prévisible et rassurant. Penser à l’avance les besoins, clarifier l’espace avec des repères visuels concrets, se débarrasser des sources de tension : voilà ce qui, au jour le jour, forge un environnement solide. L’aménagement du logement a aussi toute sa part ; accès restreints, objets familiers à portée de main et trajets évidents font souvent toute la différence.

La communication agit comme un fil rouge. Adresser la parole avec douceur, choisir des mots simples, offrir un contact visuel sincère : autant de détails qui instaurent la confiance et désamorcent bien des tensions. Un peu d’exercice, même simple, permet de canaliser le trop-plein d’agitation et de stabiliser l’émotionnel. L’alimentation, adaptée aux besoins de la personne, contribue également à limiter certains troubles et à soutenir le moral.

    Pour agir au quotidien, voici des mesures efficaces à envisager :

  • Maintenir une organisation régulière et réconfortante
  • Arranger le logement pour éviter les dangers potentiels
  • Multipliez les signaux visuels : couleur, objets connus, marquage clair
  • Pratiquer une communication explicite, accessible et chaleureuse
  • Intégrer de l’exercice à la routine
  • Prendre en compte l’hygiène, notamment en accompagnant l’incontinence

L’incontinence urinaire fait partie de ces sujets souvent mis de côté, mais qui pèsent lourd sur le comportement. Rendre les visites aux toilettes régulières, utiliser des protections sur-mesure, tout cela limite les situations gênantes qui peuvent mener à la fuite.

Il n’existe finalement pas de recette universelle : chaque personne réagit différemment. Parfois, ce qui calme l’un ne sert à rien avec l’autre. Il reste indispensable de faire preuve de patience, d’agilité et de vigilance pour ajuster en permanence les stratégies.

alzheimer fuite

Accompagner les personnes atteintes d’Alzheimer : conseils pratiques pour les aidants

Accompagner au quotidien une personne atteinte d’Alzheimer réclame toute l’attention de l’aidant. L’adaptabilité devient une qualité nécessaire, tant les comportements changent au fil des jours. Certains spécialistes insistent sur l’utilité d’un environnement ajusté : parfois, un simple pictogramme affiché sur la porte des toilettes suffit à éviter l’errance ou la sortie inopinée.

L’habillement n’est plus anodin : privilégier des vêtements faciles, confortables, identifiables limite l’agitation et sécurise ces moments qui, pour la personne malade, deviennent parfois source de stress. L’entourage familial confronté à la peur de la fugue ne doit pas rester isolé : échanger avec d’autres aidants ou avec une association permet de briser la solitude, d’apprendre de l’expérience des autres, et de mieux surmonter les situations délicates du quotidien.

L’anticipation tient une place centrale. Sécuriser les accès, installer une alarme ou un dispositif de géolocalisation, tout en veillant à préserver l’autonomie de la personne concernée, permet de limiter les inquiétudes. L’articulation entre sécurité et liberté demande du doigté, souvent réinventée d’un jour à l’autre, en fonction des besoins et des réactions.

Ne pas sous-estimer non plus la force du lien émotionnel. Être présent, rassurer avec calme, désamorcer les angoisses du mieux possible : c’est ce soutien invisible qui favorise la confiance et apaise l’envie de prendre la fuite. Un mot doux, une présence rassurante, une main tenue fermement, ces gestes discrets mais constants préviennent bien des écarts.

Au fond, vouloir prévenir la fuite, c’est œuvrer à rendre le monde extérieur moins menaçant, pas après pas. Le sentier n’est jamais rectiligne, mais chaque attention transforme la vigilance en réconfort. La sécurité ne doit jamais ressembler à une prison, mais toujours résonner comme une promesse : ici, tu es chez toi.

Luminothérapie LED : comment profiter pleinement de ses bienfaits

Un chiffre brut, souvent ignoré : près de 80 % de la population réside aujourd'hui en

Les conseils pratiques de David Costa-Doresi pour optimiser votre nutrition

Refuser la complexité inutile, c'est déjà faire un pas vers une alimentation plus saine. David Costa-Doresi,

Vacances sereines pour seniors : les destinations à privilégier

On ne déchiffre plus une carte routière en rêvant de grands espaces à vingt ans comme