Meilleures années retraite : les leviers légaux pour doper votre pension de base

19 août 2026

La pension de retraite de base des salariés du privé repose sur une formule à trois variables : le salaire annuel moyen (SAM), le taux de liquidation et la durée d’assurance. Le SAM correspond à la moyenne des 25 meilleures années de revenus cotisés, revalorisés par des coefficients fixés chaque année. Agir sur chacune de ces variables avant le départ permet de modifier sensiblement le montant final, sans épargne complémentaire.

Salaire annuel moyen plafonné : ce que la formule retient vraiment

Le calcul du SAM ne prend en compte que les revenus soumis à cotisation au régime général, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale. En 2026, ce plafond est fixé à 48 060 euros par an. Toute rémunération au-delà de ce seuil n’entre pas dans le calcul de la pension de base.

Pour les assurés nés à partir de 1953, le régime retient les 25 années civiles où les salaires revalorisés sont les plus élevés. Chaque salaire passé est multiplié par un coefficient de revalorisation censé compenser l’inflation, mais ces coefficients ne suivent pas toujours l’évolution réelle des prix. Un salaire élevé perçu il y a trente ans peut donc peser moins qu’attendu dans la moyenne finale.

Les années incomplètes (quelques mois de cotisation seulement) entrent malgré tout dans la sélection si elles figurent parmi les 25 meilleures. Une année avec un faible revenu peut ainsi « polluer » le SAM lorsque la carrière compte moins de 25 années complètes au régime général.

Homme retraité en consultation avec un conseiller financier pour maximiser ses droits à la retraite

Décrets de septembre 2026 : le SAM passe à 24 ou 23 meilleures années pour certains parents

Depuis les décrets n° 2026-699 et 2026-700, applicables aux pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026, le nombre d’années retenues pour le SAM peut descendre à 24, voire 23, selon le nombre d’enfants ouvrant droit à majoration de durée d’assurance. Retirer la ou les années les moins favorables de la sélection relève mécaniquement la moyenne.

Ces mêmes décrets prévoient que les majorations de durée d’assurance liées aux enfants peuvent désormais compter comme périodes réputées cotisées, dans la limite de deux trimestres par assuré. Ce changement ouvre ou facilite l’accès à certains dispositifs de départ anticipé, notamment pour carrière longue.

Qui est concerné par cette mesure

Les parents ayant acquis des trimestres au titre de la maternité, de l’éducation ou de l’adoption sont les premiers visés. La réduction du nombre d’années retenues s’applique automatiquement au moment de la liquidation, sans démarche particulière, à condition que les trimestres enfants figurent bien sur le relevé de carrière.

Rachat de trimestres et surcote : deux leviers à arbitrer avant le départ

Le rachat de trimestres permet de compléter une durée d’assurance insuffisante, par exemple pour des années d’études supérieures ou des périodes à l’étranger. Le coût dépend de l’âge au moment du rachat et du revenu d’activité. Deux options existent :

  • Le rachat au titre du taux seul, qui agit uniquement sur la décote (moins coûteux).
  • Le rachat au titre du taux et de la durée d’assurance, qui améliore à la fois le taux de liquidation et le coefficient de proratisation (plus coûteux, mais double effet sur la pension).
  • Le rachat pour années d’études, possible pour un maximum de douze trimestres, avec un barème dégressif quand la demande est faite avant un certain âge.

La surcote, elle, ne coûte rien. Chaque trimestre cotisé au-delà du taux plein majore la pension de 1,25 %. Quatre trimestres supplémentaires représentent donc une hausse de 5 % appliquée à vie. Le choix entre rachat et surcote dépend du nombre de trimestres manquants, du coût du rachat rapporté au gain mensuel, et de la capacité à prolonger l’activité.

Quand le rachat n’est pas rentable

Un rachat effectué tardivement, à un revenu élevé, peut nécessiter plusieurs années de pension pour être amorti. Comparer le coût total du rachat au supplément mensuel de pension multiplié par l’espérance de vie statistique après la retraite reste la méthode la plus fiable pour trancher.

Couple de futurs retraités se promenant sereinement sur un boulevard parisien en automne après avoir optimisé leur pension

Retraite progressive et cumul emploi-retraite : prolonger sans subir

La retraite progressive permet de percevoir une fraction de sa pension tout en continuant à travailler à temps partiel. Les cotisations versées pendant cette période continuent d’alimenter les droits, ce qui améliore le SAM et la durée d’assurance simultanément. Le dispositif est accessible à partir de l’âge légal diminué de deux ans, sous réserve de justifier d’un minimum de trimestres.

Le cumul emploi-retraite, lui, intervient après la liquidation. Depuis la réforme récente, les cotisations versées dans le cadre d’un cumul intégral ouvrent de nouveaux droits à pension, ce qui n’était pas le cas auparavant. Ce levier intéresse les assurés qui reprennent une activité après leur départ.

Vérification du relevé de carrière : corriger avant de liquider

Des erreurs sur le relevé de carrière (emploi manquant, salaire sous-estimé, trimestres de chômage ou de maladie non reportés) réduisent directement le SAM ou la durée d’assurance. Corriger ces anomalies suppose de fournir des justificatifs (bulletins de paie, attestations Pôle emploi) à la caisse de retraite compétente.

  • Le relevé est consultable en ligne sur info-retraite.fr, qui agrège les données de tous les régimes.
  • Les périodes assimilées (maladie, maternité, chômage indemnisé, service militaire) doivent apparaître avec le bon nombre de trimestres.
  • Une régularisation effectuée avant la demande de liquidation évite les délais de recours après coup.

Chaque trimestre manquant avant le taux plein entraîne une décote définitive de 0,625 % par trimestre absent, dans la limite de vingt trimestres. Récupérer ne serait-ce que deux ou trois trimestres oubliés modifie le montant mensuel pour toute la durée de la retraite.

Le passage de 25 à 23 ou 24 meilleures années pour les parents, l’arbitrage entre rachat et surcote, et la correction du relevé de carrière sont trois leviers qui agissent sur des variables différentes de la même formule. Les activer avant la liquidation suppose de disposer d’un relevé à jour et de simuler chaque scénario avec les outils disponibles sur info-retraite.fr.

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